Portrait bénévole du mois d'Octobre

Témoignage de Marie GAY, présidente et co-fondatrice de l'association

 

Quel est ton parcours Marie ?

 

J’ai toujours baigné dans le monde de la santé : mes parents sont médecin et psychologue. Mais je n’ai jamais voulu y travailler à vrai dire. Je suis « tombée dedans » par le biais de la géographie de la santé qui m’a amené à m’interroger sur le nombre et la répartition des médecins en France : permettent-ils de répondre aux besoins de la population ? J’ai démarré ma vie professionnelle en navigant sur différents postes opérationnels en France et en Belgique : réaliser un tableau de bord transfrontalier de la santé, créer un réseau ville-hôpital de prévention du suicide, etc. Mais je commençais à m’ennuyer « en version mono-projet », alors je me suis orientée vers le conseil, ce qui me permettait de mener plusieurs missions en parallèle.

 

Peux-tu me dire en quoi ça consiste ?

 

En tant que consultante en santé, j’accompagne des clients sur des projets, apportant tantôt mon expertise thématique, un soutien méthodologique ou encore en mettant mon réseau d’acteurs au service du projet. Je dirais que la singularité des projets en santé, c’est la « mise en musique » de partenaires, dont les fonctionnements, la culture, les enjeux différent, et sont parfois difficilement convergents. Cela se traduit par exemple par de l’assistance d’entreprises dans la définition de leur politique handicap, dans la conception et le montage d’un projet innovant en santé/social (tiers payant généralisé, service d’aide à domicile, etc.). C’est très vaste !

 

Et comment as-tu connu Sophie ?

 

J’ai été son enseignante en gestion de projet dans le master 2 Méthodologie d’Intervention en Santé Publique en 2011. Quand elle est arrivée en Guyane et s’est rendu compte des besoins en santé sur le territoire, elle m’a sollicité pour que je l’aide à mettre en œuvre ses idées.

 

Combien de temps le projet !Dsanté a mis à se monter ?

 

C’est le projet Oyapock Coopération Santé qui est à l’origine de l’Association !Dsanté. De l’émergence de l’idée à l’obtention des financements, cela a duré un an et demi, période au cours de laquelle !Dsanté a été créée pour porter le projet C’est très rapide pour un projet de cet ampleur ! Mais il est vrai qu’il y avait l’urgence des défauts de soin.

 

Est-ce que ça a été difficile de te convaincre de devenir bénévole ?

 

L’enthousiasme de Sophie m’a facilement convaincu ! Et à vrai dire, j’étais déjà sensible à l’idée de donner de mon temps sur un projet, cela faisait partie de mon parcours et de mes valeurs.

 

Et quelles sont tes missions au sein de l’association ?

 

Elles évoluent : au début j’étais surtout en charge du cadrage du projet OCS et de sa formalisation puis j’ai apporté mon expertise pour tout ce qui relève de la structuration, de l’organisation et de la gestion administrative de l’association. En parallèle, j’ai eu des missions plus ponctuelles, comme initier l’évaluation du projet OCS ou assurer un appui en terme de communication en présentant certains projets en Métropole, comme quoi la distance peut finalement se révéler aussi être un avantage en terme de complémentarité. Aujourd’hui, j’assure les missions de Présidente de l’Association, en étant très fortement soutenue par l’équipe et les autres membres du CA.

 

Quelle est l’originalité de l’association selon toi ?

 

Selon moi, cette association est innovante car elle part des besoins du territoire et de l’observation des moyens présents sur ce dernier pour y répondre. Elle a su se « professionnaliser » rapidement, malgré un recours très important au bénévolat, ce qui a sans doute servi de tremplin à son développement. En tous cas, c’était une vraie volonté de ma part ! Bien qu’isolée, l’association a très rapidement été reconnue et soutenue des partenaires opérationnels et institutionnels. De cette confiance, Sophie a su faire naitre une réalité de terrain, faire venir des compétences en bénévolat en peu de temps. C’est une petite idée qui a grandi : autour du projet initial OCS se sont développés d’autres projets. Je pense que le territoire a besoin d’autres structures de cette forme.

 

3 mots clés pour décrire l’asso ?

 

-Innovante, de par son modèle. L’association souhaite redonner sens au bénévolat : mettre ses compétences au service de l’associatif et pas seulement de son temps.

-Utile, à la fois pour les populations auxquelles ses actions bénéficient et pour ses membres. J’ai beaucoup appris des bénévoles, cet engagement est un constant enrichissement au niveau de la vie personnelle, une acquisition de diverses compétences que tu peux réutiliser plus tard.

-Un pari. J’espère qu’elle éveillera une envie d’engagement citoyen chez les jeunes diplômés qui la rejoignent ou qu’ils auront envie de développer un modèle similaire ailleurs. On est là pour semer des graines, initier l’effet papillon.